1928 partie 1

On vient d'arriver en 1928 ! Quel voyage ! qui n'a durĂ© que quelques secondes pourtant ! Je crois bien que nous sommes rue Monge mais ce n'est pas certain, en tout cas nous sommes Ă  cotĂ© d'une petite place... je vais aller vĂ©rifier. Mais quel silence et quelle douce atmosphĂšre d'une luminositĂ© si Ă©trange et voilĂ  petite FĂ©e Baby)💙(Lala qui se met Ă  parler tranquillement avec une femme qui fume Ă  sa fenĂȘtre ! et patati et patata oh lala ne m'en parlez pas ! etc etc... :D Cette petite FĂ©e est vraiment incroyable ! :D Quelle histoire ! Je vous tiendrai au courant :D

TenebrĂŠ, dont le voyage dans le temps avait creusĂ© l'appĂ©tit me dit : °°VÂȘ čHĂ«rčhĂ«r BĂŠbĆž}đŸ’«{LĂŠlĂŠ jĖ véÏs vĂ”Ă”ĂŒs Ă«mmēñėr dĂĂ±Ä—r čHĂ«z Jarraud°° puis, sous un rĂ©verbĂšre Ă©lectrique, Elle reprit la lecture d'une revue qu'elle venait de trouver laissĂ©e sur un banc public de la petite place. Sur la couverture Ă©tait inscrit : Histoires SecrĂštes des Grandes Familles Royales - "Cela vous intĂ©resse donc ???" demandai-je Ă  TenebrĂŠ —👁— °° j°ÅdÔÔrĂ«e ÂĄ!ÂĄ mēmĂ« sÏ jĖ lĂ«s čÂșĂ±Ă±ĂŁĂs dēJā tĂžĂŒtĂ«s ÂĄ!¥°°.

 

 

Petite FĂ©e Baby)💙(Lala revint vers nous et Elle aussi avait trĂšs faim, tout comme moi. Il Ă©tait maintenant 23h30 ce 21 dĂ©cembre 1928 et je n'en revenais toujours pas ! A chaque instant, esquissant un pas de danse, je touchais du bout des doigts le dĂ©licieux chapeau cloche de petite FĂ©e Baby)💙(Lala puis les guiches toutes neuves ondulantes et laquĂ©es de TenebrĂŠ car en remontant ainsi bras dessus bras dessous tous les 3 le Boulevard Montparnasse tout illuminĂ© ce n'Ă©tait pas seulement le temps que nous remontions en 1928 : c'Ă©tait bien le Paradis


Évidemment Jarraud Ă©tait archi bondĂ©, et je m'attendais dĂ©jĂ  Ă  un refus de nous recevoir tous les 3 Ă  cette heure tardive, quand la personne qui nous ouvrit la porte nous accueillit d'un : "Aah ! Son Altesse la Duchesse ! Mais quel honneur pour nous de vous revoir enfin !" Je me tournais stupĂ©fait vers petite FĂ©e Baby)💙(Lala qui me dit : "Oui ! Ici TenebrĂŠ est connue et reconnue comme Ă©tant la Duchesse de l'Aigle, elle y a toujours ses entrĂ©es et nous y serons choyĂ©s, vous allez le voir, comme des Rois !"

Un serveur nous conduisit à notre table, puis une femme arriva et débarrassa TenebrÊ de son taupé-cristal et de son manteau en Aspéric et je découvris alors avec enthousiasme la robe lamée argent doublée de velour carmin de TenebrÊ et la cordelette alourdie de deux gros glands qui brillaient tels des diamants : c'était des diamants !

Pendant que je regardais la carte des vins je remarquais que TenebrÊ semblait avoir perdu tout accent mais gardait sa voix rauque si particuliÚre en disant au serveur : "Nnnon... Non Finley, nous ne prendrons pas cette fois-ci le Potage bortsch et nous irons directement au Homard à la Parisienne puis la pintade en Chaufroix et tout le reste qui suit aussi, pour les vins c'est Monsieur qui choisit - Donnez lui un peu de temps !" Je levais les yeux vers le regard perçant de TenebrÊ : "C'est vrai que Duchesse de l'Aigle lui allait vraiment bien !" pensais-je en souriant et, alors que je recevais un coup de pied de sa part tout aussi ravissant dans mes chevilles, je dis au sommelier que nous prendrons du Roederer 1924 ainsi qu'un Condrieu pour commencer puis un Chùteau Plince.

Quelques minutes plus tard, le serveur revint avec un plateau et posa sur notre table un seau Ă  champagne et 3 coupes puis, tout en dĂ©bouchant une bouteille embuĂ©e d'une mince couche de givre cristalline, perlĂ©e et scintillante, il demanda Ă  TenebrĂŠ : "Son Altesse la Duchesse a dĂ» passer un splendide sĂ©jour sur la Riviera ?" et TenebrĂŠ, avec une jovialitĂ© adoucie sincĂšre et complice, rĂ©pondit simplement : "Ho Finley... Vous qui me connaissez depuis si longtemps... Vous savez ce que j'en pense.. ... Mais trinquez donc plutĂŽt avec nous" Et TenebrĂŠ offrit sa coupe de champagne Ă  Finley pendant qu'il remplissait pour elle un simple verre Ă  vin. Et petite FĂ©e Baby)💙(Lala prit ma main dans la sienne et nous levĂąmes tous les quatre nos verres dont les bulles rĂȘveuses lumineuses et dorĂ©es rejoignirent au son d'un tango fiĂ©vreux et rectiligne l'Ă©clatante blancheur des hauts plafonniers.

"Ho ! Pendant que nous y sommes Finley : Ă©pargnez nous la Parisienne ! : Les homards seuls suffiront !" et en disant cela Tenebrae ne put s'empĂȘcher d'ajouter Ă  son sourire l'accentuation suraiguĂ« de son regard dans ma direction ! :D

Les blocs compacts de chair ferme blanche et rosĂ©e se dĂ©tachaient avec facilitĂ© des pinces craquelĂ©es en Ă©clats du homard et ce d'autant plus, que c'Ă©tait petite FĂ©e Baby)💙(Lala qui s'occupait de mon assiette - pour Ă©viter que je patouille disait-Elle :D - et me relĂ©guait ainsi Ă  une bienheureuse (mais ouf temporaire !) rĂ©gression : celle d'enfant gĂątĂ© spectateur de son futur festin !

 

Et tout en regardant le collier bleu de petite FĂ©e Baby)💙(Lala qui brillait de mille feux je me promettais de ne pas oublier de noter pour mon roman, combien en 1928 dans les rue de Paris et bien plus encore dans ce prestigieux restaurant oĂč nous Ă©tions ce 21 DĂ©cembre 1928 (il Ă©tait dĂ©jĂ  presque 1 heure du matin) l'Ă©lectricitĂ© Ă©tait encore perçue comme une FĂ©e si nouvelle si novatrice et la promesse infaillible de tant de bienfaits qu'on sur-multipliait partout les sources d'Ă©clairage lĂ  oĂč une seule aurait largement suffi.

 

             Alors que TenebrĂŠ me disait combien Elle serait toute heureuse que je l'accompagne le lendemain matin Avenue des Champs ÉlysĂ©es car Elle aimerait acheter quelques robes Ă  la boutique Les 2 Claudine, un homme se prĂ©senta Ă  moi en disant : "Pardon Monsieur de vous demander cela : mais il me semble vous connaĂźtre et vous avoir dĂ©jĂ  vu aux cours d'orchestration de Delage ?" et se tournant vers une femme qui l'accompagnait : "N'est-ce pas Beth C'est bien lui ?" Je dĂ©visageais l'homme et j'essayais de comprendre comment en 1928 quelqu'un pouvait affirmer me connaĂźtre moi dont les parents n'Ă©taient pas encore nĂ©s ! Mais je fus Ă©berluĂ© en voyant la femme s'adresser soudain Ă  TenebrĂŠ : "Mais tu es lĂ  toi ?!?!! Comment se fait ?!?!?... Et vous aussi Baby)💙(Lala ?!?! C'est tout bonnement incredible !" (l'utilisation d' anglicismes Ă  tout propos Ă©tait encore trĂšs Ă  la mode en 1928 hĂ©las ! :D) Et TenebrĂŠ me prĂ©senta au Comte et Ă  la Comtesse De Trieste Aigueville : ce qui me dĂ©sola car je m'apprĂȘtais Ă  goĂ»ter au dĂ©licieux homard et au verre de Condrieu frappĂ©.


              "Écoutez ! C'est trĂšs gentil tout ça..." dit TenebrĂŠ "... Les prĂ©sentations sont faites, nous nous aimons tous beaucoup c'est une affaire entendue ! Mais il faut que tu saches Argan que Baby)💙(Lala, Monsieur et moi Ă©tions sur le point de dĂźner et que nous avons trĂšs faim. Retrouvons nous plutĂŽt demain disons vers 15h, je te laisse choisir l'endroit Beth mais je dois aller chez Les 2 Claudine donc les Champs ÉlysĂ©es serait plus que parfait !".

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


                 En entendant "Les 2 Claudine" Argan De Trieste Aigueville se mit Ă  me parler de l'architecte Raymond Nicolas qui en plus d'avoir conçu les intĂ©rieurs de cette boutique de mode Ă©tait aussi l'un de ses amis. Je n'Ă©tais jamais indiffĂ©rent Ă  tout ce qui de prĂšs ou de loin touchait Ă  l'art et j'Ă©tais sur le point de poser au Comte plusieurs questions quand TenebrĂŠ me tira par le bras en riant : "Ha non ! Argan ! Ne commencez pas Ă  parler architecture, et  surtout pas avec lui ! En tout cas pas maintenant !!!".


                Au moment de nous quitter, Beth De Trieste Aigueville s'adressa Ă  petite FĂ©e Baby)💙(Lala : "Vous voyez... ... je l'ai toujours ... ...j'y tiens ! ~~ il me porte toujours chance..." en tenant extirpĂ© entre son pouce et son index un pendentif ovale bleu majorelle serti d'or". Et je fus ce soir lĂ  trĂšs heureux par ricochet de revoir soudain sur le visage de petite FĂ©e Baby)💙(Lala cette joie limpide enfantine d'un rose ensoleillĂ© qu'Elle avait chaque fois qu'on lui disait qu'une de ses crĂ©ations qui lui avait donnĂ© tant de travail rendait ensuite si heureux celui ou celle qui la possĂ©dait.

 

Tout le reste de notre dĂ©licieux et si copieux repas se passa fort bien et fut mĂȘme entrecoupĂ© par un moment voluptueusement... voluptueux et Ă  la fois tout Ă  fait comique car TenebrĂŠ qui, Ă  ma grande surprise, connaissait presque tout le monde dans ce prestigieux restaurant, tint absolument Ă  se cacher un instant sous la table pour ne pas ĂȘtre vue d'une femme vĂȘtue d'une robe et d'un manteau de Sonia Delaunay aux motifs gĂ©omĂ©triques somptueusement colorĂ©s qui se dirigeait vers notre table et j'entendis TenebrĂŠ, son visage quasiment entre mes genoux, me dire d'une voix basse toute gourmande de venin :"Celle-lĂ  s'habille avec goĂ»t, c'est mĂȘme le genre qui doit te plaire ! Mais c'est surtout une intrigante doublĂ©e d'une garce ! Et je m'y connais !". Je voulus protester mais un frisson innommable parcourant mon Ă©chine me laissa sans voix !!! Il se trouva que le lendemain aprĂšs-midi, TenebrĂŠ dans la boutique Les 2 Claudine tout en essayant devant moi des robes m'avoua honteusement tout le contraire en riant : A savoir que cette personne Ă©tait l'une de ses plus charmantes et fidĂšles amies et qu'Elle n'avait fait tout cela que par jeu ! Puis Elle m'embrassa encore et encore comme pour se faire pardonner et me fit promettre de tout faire pour l'empĂȘcher de recommencer ! Mais : En Ă©tais-je seulement capable et en avais-je surtout l'envie ?!?! :D
 



               Évidemment aprĂšs cet intermĂšde dĂ©licieusement coupable, le dessert me parut bien fade et il fut en plus gĂąchĂ© irrĂ©mĂ©diablement : Car Ă  l'instant mĂȘme oĂč je commençais Ă  savourer ma Bombe SorciĂšre (sorte de glace recouverte de chocolat et cloisonnĂ©e en plusieurs petits compartiments surprise faits de gĂąteaux, de fruits exotiques et de petites glaces chacune d'un parfum diffĂ©rent), je ne sais quel imbĂ©cile jugea opportun de demander Ă  l'orchestre de jouer "Âmes d'enfants" de Jean Cras, car ayant malheureusement le gros gros dĂ©faut de ne pouvoir faire 2 choses Ă  la fois, ma bouche fut sans cesse interrompue par mes oreilles bercĂ©es par le balancement irrĂ©gulier de cette musique charmĂ©e qui me fit penser Ă  une nouvelle si tendre elle aussi de Colette ayant pour titre "L'enfant malade".



                Pendant que nous prenions le cafĂ©, sauf moi qui prĂ©fĂ©rais un alcool de framboise, petite FĂ©e Baby)💙(Lala se leva pour aller dire quelques mots Ă  une jeune fille habillĂ©e d'une longue robe bleu ciel dont les cheveux ramassĂ©s sous un vaste chapeau blanc nouĂ© d'un ruban bleu pervenche ne laissaient pendre que quelques longues boucles paresseuses et rousses. Elle se tenait debout Ă  quelques tables de la notre et venait de faire un petit signe de la main Ă  petite FĂ©e Baby)💙(Lala. Je m'aperçus Ă  cet instant avec un amusement intemporel sans limite que petite FĂ©e Baby)💙(Lala avait gardĂ© aux pieds ses tennis dorĂ©es Ă©toilĂ©es de 2019 ! DĂšs qu'Elle revint je lui en fis la remarque et petite FĂ©e Baby)💙(Lala me dit que c'est justement et principalement de cela que la jeune Marquise Blanchy-Winestam lui avait parlĂ© car elle tenait absolument Ă  savoir oĂč elle pourrait, elle aussi, les acheter.



               Je n'appris que bien plus tard que cette Marquise se maria l'annĂ©e suivante avec un photographe qui fit beaucoup parler de lui par la suite en publiant toute une sĂ©rie de clichĂ©s d'elle en train de danser en tennis sur la banquise de l' Antarctique, clichĂ©s pris Ă  bord d'un ballon dirigeable juste au dessus d'elle ! Elle divorça quelques annĂ©es aprĂšs et se remaria Ă  Coney Island avec un magnat de la presse qui la quitta ensuite pour une jeune danseuse des Ballets Russes. A cela il faut ajouter qu'elle se retira ensuite alors au Nouveau Mexique pour travailler dans un laboratoire de recherche en astrophysique oĂč elle Ă©crivit aussi ses souvenirs. Elle y disparut un jour assez mystĂ©rieusement sans laisser aucune trace et en emportant ses mĂ©moires.



Et d'ailleurs au moment oĂč nous allions  quitter le restaurant, Monsieur Jarraud lui-mĂȘme, aprĂšs avoir remerciĂ© chaleureusement petite FĂ©e Baby)💙(Lala, lui fit part de son admiration pour la tenue de soirĂ©e Ă©clatante et les chaussures "tout Ă  fait Ă©tonnantes" qu'Elle portait.



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